Pour les amis de Balzac, quelques extraits du chef d'œuvre inconnu. Et pour les aspirants artistes, une sueur froide en imaginant un professeur de peinture vous parlant ainsi:
… Ta bonne femme n'est pas mal troussée, mais elle ne vit pas. Vous autres, vous croyez avoir tout fait lorsque vous avez dessiné correctement une figure et mis chaque chose à sa place d'après les lois de l'anatomie. Vous colorez ce linéament avec un ton de chair fait d'avance sur votre palette en ayant soin de tenir un côté plus sombre que l'autre, et parce que vous regardez de temps en temps une femme nui qui se tient debout sur une table, vous croyez avoir copié la nature, vous vous imaginez être des peintres et avoir dérobé le secret de Dieu !... Prrr ! Il ne suffit pas pour être un grand poète de savoir à fond la syntaxe et de ne pas faire de fautes de langue ! Regarde ta sainte, Porbus ? Au premier aspect, elle semble admirable ; ais au second coup d'œil on s'aperçoit qu'elle est collée au fon d de la toile et qu'on ne pourrait pas faire le tour de son corps. C'est une silhouette qui n'a qu'une seule face, c'est une apparence découpée, une image qui ne saurait se retourner, ni changer de position. Je ne sens pas d'air entre ce bras et le champ du tableau ; l'espace et la profondeur manquent ; cependant tout est bien en perspective, et la dégradation aérienne est exactement observée ; mais malgré de si louables efforts, je ne saurais croire que ce beau corps soit animé par le tiède souffle de la vie. Il me semble que si je portais la main sur cette gorge d'une si ferme rondeur, je la trouverais froide comme du marbre ! Non, mon ami, le sang ne court pas sous cette peau d'ivoire, l'existence ne gonfle pas de sa rosée de pourpre les veines et les fibrilles qui s'entrelacent en réseaux sous la transparence ambrée des tempes et de la poitrine. Cette place palpite, mais cette autre est immobile ; la vie et la mort luttent dans chaque détail : ici c'est une femme, là une statue, plus loin un cadavre. Ta création est incomplète. Tu n'as pus souffler qu'une portion de son âme à ton œuvre chérie. Le flambeau de Prométhée s'est éteint plus d'une fois dans tes mains et beaucoup d'endroits de ton tableau n'ont pas été touchés par la flamme céleste.
Bonne fin de journée à vous tous.
J'ai découvert hier – et lu d'une seule traite – un tout petit livre de Balzac: Le chef d'œuvre inconnu. Et je me suis vraiment régalée. Tous les (aspirants) artistes devraient le lire ! Alors, si vous avez envie d'en découvrir le début, allez voir ma note que je viens de publier sur Murmures et mots doux.
Très bonne journée à vous tous ! Je ne suis pas sûre d'avoir le temps de faire une autre note ici aujourd'hui, cet après-midi étant consacrée aux vaccins des chiens, donc déplacement vers la ville et probable attente en salle d'attente…
Il a fait très chaud aujourd'hui. J'étais donc bien dans la fraîcheur de l'atelier. C'est fou comme ça a amené de la fraîcheur de simplement mettre un rideau de coton blanc à la porte-fenêtre.
J'ai préparé les panneaux pour mes peintures sur bois. D'abord, j'ai soigneusement poncé à la main et au papier de verre très fin, ensuite j'ai préparé mon enduit, passant une première couche très liquide, après séchage, une deuxième couche moins liquide et enfin une troisième couche plus épaisse et avec une teinte légère dans le blanc, pour le casser un peu. Demain, après séchage toute la nuit, je poncerai et alors, je vous montrerai ce que ça donnera.
J'ai aussi mis en place le dessin de la seconde peinture, mais il n'est pas fini et je préfère ne pas vous montrer quelque chose avec trop de défauts ! Ce sera une surprise pour demain, ou lundi, je ne sais pas exactement si Chéri a prévu un grand tour à moto pour demain.
Mais, pour ne pas vous laisser sur votre faim, je vous montre l'ambiance dans l'atelier, il y a à peine une demi-heure, juste avant de monter faire à souper à Chéri…
Et je voulais vous montrer aussi mes roses trémières. Je suis heureuse, j'en voulais depuis tant d'années, mais elles ont toujours eu des mésaventures. Maman les a prises pour des mauvaises herbes, un autre visiteur aussi une autre année, et l'année de la grande sécheresse, les plants tout jeunes n'ont pas tenu le coup… bref, j'ai eu du mal à les avoir, mais là, ils sont superbes, vous ne trouvez pas ?
Et, pour finir cette note qui part un peu dans tous les sens, une photo de Violetta. Etrangement, depuis qu'elle a perdu son poil d'hiver, elle est devenue beaucoup plus foncée… elle est belle, non ?
Très bonne soirée et tout bon dimanche à vous qui paserez par là !
Je vais laisser mon trompettiste sécher gentiment sur le chevalet de repos et, maintenant que je me suis fait bien plaisir avec cette peinture, il faut que je reprenne un peu de sérieux et que je m'attelle aux commandes qui m'attendent. Sinon, je vais me faire tirer les oreilles ! Le client est roi, non ? Quoi que, ici, il s'agisse plutôt d'une reine… LOL
On m'a fait une commande que je voudrais mettre en route. Il s'agit de reproduire sur des panneaux de bois deux images prises dans de très vieux livres. Ce sont des peintures accompagnées d'armoiries. Je vous montre de quoi il s'agit. Je trouve ces images absolument charmantes et j'espère que je saurai réaliser quelque chose «d'au moins» aussi charmant. La stylisation des chevaux est adorable, non ? Ils sont si joliment maniérés ! Et les personnages sortent tout droit d'un conte avec prince, princesse et … dragon ?

Voici les panneaux de bois, ils font 20x30 cm. Comme on peut le voir, il y a pas mal de veines apparentes, et elles vont devenir encore plus visibles lorsque je mettrai le vernis final.
Cet après-midi, j'ai commencé par mettre la première image à la taille du panneau de bois, grâce à mon traitement de l'image sur mon pc. Ensuite, je l'ai mise au carré et j'ai reproduit le dessin sur un papier calque. Comme ça, je pourrai corriger les petites imperfections sur papier et ne le décalquerai sur le bois qu'une fois que j'en serai absolument satisfaite. Demain, je ferai le même travail pour le second panneau. J'attends une réponse de la personne qui m'a passé cette commande. Je ne suis pas sûre si elle désire que je peigne directement sur le bois, ou s'il faut créer un fond, style «mobilier ancien». En attendant sa réponse, je me concentre sur le tracé des deux dessins.
Sinon, rien de bien spécial à signaler. Ce matin, un petit tour au marché tôt, avant la foule et avant la chaleur. C'était bien agréable et j'ai trouvé à me parquer très facilement. Cet après-midi, j'ai suivi l'arrivée d'Ingrid Betancourt à Paris. C'était très émouvant. Je trouve cette femme exceptionnelle de force et de courage et je me fais un peu de soucis pour elle. Comment va-t-elle surmonter ce choc, à la longue ? Je ne le souhaite pas du tout, mais j'imagine qu'une déprime doit presque forcément suivre ce qui lui arrive ces jours. J'espère me tromper.
Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite à tous un très bon et beau week-end. Bisous !
J'ai trouvé une superbe photo de Balthus. Je vais l'imprimer et la mettre à l'atelier. Travailler sous son regard… un peu de son énergie va peut-être me faire la grâce de m'aider dans ma recherche ?
J'ai repris mon trompettiste. D'abord, retravailler la tête, la chevelure, la barbe et préciser la forme du chapeau. Travailler la main et la trompette.
Puis les finitions. La queue du cheval, la barrière, le dossier de la chaise roulante. Je me demande… terminée ? Alors, comme je me connais, je ne décide rien d'autre que de la placer en observation sur le chevalet de séchage
et, petit rituel de fin de tableau: gratter la palette, pour mieux repartir sur un nouveau projet.
Bienvenue à vous qui passerez par là.
Lady Painter est enrhubée… merci la climatisation réglée sur glacial dans certains commerces ! et Lady Housewife a une montagne de repassage devant elle. Levée de bon matin, j'ai essayé d'avancer un maximum à la fraîche, si on peut dire, mais faut le dire vite ! Bref, à 14h30, c'était enfin terminé. Ouf !
Oh, j'y pense… à propos de travaux ménagers. Vous aimez la pâtisserie ? Par 40 degrés à l'ombre, voyez ce que j'ai fait avant-hier après-midi… faut être un peu maso, ça vous brûle beaucoup les doigts, mais le résultat est délicieux.
Je retrouve donc mon atelier et sa douceur avec un plaisir non dissimulé. J'ai devant mois deux semaines de liberté ! Nous avons eu beaucoup de monde depuis deux mois. Les prochaines visites sont pour la mi-juillet. J'espère que je vais bien avancer avec mon trompettiste et je vais essayer d'arranger les cicatrices de la belle aux bains dormant. Je continue à déguster au compte goutte le livre sur Balthus qui me passionne et j'ai commencé à lire un petit livre : Portrait d'un artiste avec vingt-six chevaux. L'histoire se passe dans une réserve indienne et j'aime bien comme ça part. Est-ce que ça va continuer à être aussi bien sur la durée ? Je l'espère, tout comme j'espère que vous passez un beau début d'été ?
Bonne journée à vous tous.
Durant la nuit, j'ai rêvé de la peinture « La belle aux bains dormant ». J'ai rêvé que je l'avais perdue. Ce matin, encore toute dans mon rêve, j'ai été voir à l'atelier. Je me suis demandé ce que j'en avais fait… et voilà ce que j'ai trouvé:

C'est un peu bête… j'ai utilisé trop de medium à peintre pour les glacis et, avec la chaleur probablement, ça a collé contre la toile qui y était appuyée… zut ! Je vais essayer de la ravoir du mieux que je pourrai.
Heureusement que j'ai rêvé d'elle...
Bonne semaine à vous tous.
Vendredi matin. Comme toujours, nous sommes partis faire notre marché. Il commence à y avoir trop de monde à mon goût… On a eu beaucoup de peine à trouver une place de parc. Je pense que nous allons à l'avenir déplacer nos achats en ville au samedi. Ce sera plus calme et, en fait, on trouve à peu près tout ce qu'il nous faut entre l'épicier, le boucher et le poissonnier. Et, au moins, on sera au calme.
Cet après-midi, notre nouvelle voisine est venue chercher du foin pour sa ponette. On lui a proposé de venir se servir, parce qu'on en a beaucoup trop. Là aussi, il a fait bien assez chaud pour déménager ce foin.
Et j'ai peint un peu. Je cherche toujours, encore, un titre qui me fasse tilt pour cette peinture.
Arranger l'œil du cheval qui est trop ouvert par rapport à l'autre.
Et les naseaux ne me plaisent pas. Trop roses.
Et enfin la crinière. Maintenant un glacis foncé sur le feuillage du haut. Un glacis vert tendre sur les arbres des taillis. Il faut aussi assombrir le pré tout au bas du tableau, pour mettre la base dans le sombre.

Bon samedi, à vous qui passerez par là.
J'ai bien réfléchi à l'avenir de ce blog. Le continuer ou pas ? Est-ce que ça a un sens ? C'est une démarche narcissique, uniquement ? Oui, oui... je sais ! ça me reprend et c'est pas la première fois !!!
Finalement, j'ai pesé dans la balance le plaisir de rédiger des notes et la frustration que j'éprouve lorsque je vois le peu de «répondant». C'est vrai qu'on peut envisager un blog sous cette optique là: les commentaires sont indispensables et sont ce qui fait vivre un blog. Il est vivant de par le dialogue. Mais on peut aussi envisager un blog comme un acte de création pur et simple. Si quelqu'un le lit, tant mieux, si c'est avec plaisir et que ça lui donne l'envie de revenir, c'est encore mieux. Mais si personne ne vient le lire, eh bien, tant pis ! On ne peut jamais avoir de garanties dans la vie. Si les écrivains n'écrivaient que s'ils étaient certains d'être lus, qui écrirait ?
Et qu'est-ce que je fais, sur ce blog ? Qu'est-ce que je raconte au jour le jour ? C'est surtout ma démarche artistique que je voudrais mettre par écrit. Et si je le fais, c'est que j'ai envie de progresser et de noter l'avancée de mon travail, en tant qu'artiste. Le fait d'expliquer ce que je fais, pourquoi et parfois comment, me permet d'analyser les actions et leurs résultats, bons ou mauvais. Je pourrais le faire sous forme de journal intime, simplement sur mon pc, c'est vrai ! Mais j'ai pensé que quelques artistes pourraient y trouver un peu d'intérêt et que, peut-être, un dialogue pouvait s'instaurer. Ce n'est pas vraiment le cas. Tant pis ! Encore une fois, tant pis !
Et j'avais imaginé aussi, que ce blog pouvait être un lien avec quelques personnes proches. Elles viennent, c'est vrai. Parfois et de manière irrégulière. Déçue ? Non, pas vraiment. Même pas très étonnée, en fait. Chacun vit sa vie, on se rapproche, on s'éloigne. Comme les vagues de la mer. C'est la vie et ce n'est pas quelque chose de mal. Je le fais certainement moi aussi, probablement inconsciemment et sans volonté de faire mal. C'est pourquoi ce que j'écris là ne doit surtout être pris par aucun d'entre vous comme un reproche ou une pique, je vous en prie.
Simplement, j'analyse ce qui se passe et, pour le faire, le meilleur moyen que j'aie trouvé est de mettre les choses par écrit. Et, quelle conclusion je tire de mes réflexions d'aujourd'hui ? Eh bien oui, je vais continuer. Pour vous qui passerez peut-être, ou pas. Et pour moi, pour mon plaisir.
Mais, si je revenais à ce qui est ma raison de vivre ? Vous l'aurez compris, je parle de ma peinture, bien entendu.
Aujourd'hui, je me fixe pour but de travailler mon ciel et les arbres du fond. Je voudrais leur ajouter une tension, donner un effet moins «ciel bleu», quelque chose d'un peu plus contrasté. Pour ce faire, je vais travailler d'abord mon ciel trop bleu en lui ajoutant un glacis blanc. Je vais le faire en le mélangeant à mon medium à peindre de fabrication maison !
Ensuite, je vais retravailler les arbres du fond. Et finalement, je reprends mon musicien.
Voilà où j'en suis ce soir. Je suis asssez satisfaite de ce que j'ai fait. Je souhaite à tous ceux qui passeront par là une très belle fin de journée.
Je n'aime pas mon pré. En fait, je n'aime pas grand-chose de cette peinture à part la mise en place. Tout ça va beaucoup bouger, mais je veux faire les choses calmement et en réfléchissant avant d'agir… Trop souvent, je travaille par impulsions et après, c'est moche !
On en est donc là, et c'est vraiment pas beau…
Après une après-midi de travail au frais – vive la climatisation ! On en est là:
Ce matin, on a, enfin, rentré nos derniers foins. Ouf ! C'est une bonne chose de faite. Notre poney et notre ânesse ne vont pas mourir de faim d'ici le printemps prochain. Faudra même plutôt faire attention à ce qu'ils n'engraissent pas trop.
Je suis un peu soucieuse, ces temps, de voir le peu d'activités sur ce blog. J'imagine que c'est dû à l'été, à la chaleur, au soleil, aux vacances… J'ai un peu l'impression de m'exprimer dans le désert et de n'avoir pour tout écho que celui de ma propre voix qui résonne dans un grand vide très… vide ! Mais ne nous laissons pas décourager sans prendre le temps de bien analyser les choses. Peut-être, après tout, que ce ne sera que passager ? On verra bien. Mais peut-être que je vous ennuie et que ce que je voudrais partager avec vous n'est pas intéressant. Si c'est le cas, je finirai bien par me faire une raison, par l'accepter et alors je mettrai le temps et l'énergie créatrice que je consacre à ce blog dans quelque chose de plus gratifiant. Je verrai bien.
Alors, à vous les rares courageux qui passerez par là, je souhaite une très belle journée et une nuit pleine de beaux rêves.














Merci à vous, mes trois amies, pour votre passage chez moi et pour vos mots gentils. Je vous fais plein... read more
on Un peu de tout, mais presque rien…